Mes 5 conseils aux Professeurs Stagiaires

Mes 5 conseils aux Professeurs Stagiaires

Ca y est, le sésame est en poche: après une voire plusieurs années éprouvantes à préparer le concours pour devenir professeur d’anglais, vous voilà maintenant professeur stagiaire. Toutes mes félicitations ! Je sais à quel point c’est un concours exigeant mais qui ne vous prépare pas toujours à ce qui vous attend ensuite.

Je me souviens lorsque j’ai commencé il y a 20 ans du décalage énorme entre la préparation du concours et mon entrée en fonction. Cela risque aussi de vous arriver et c’est normal. Cette année va être pleine de défis à relever mais je ne doute pas que vous allez y arriver. Déjà, si vous êtes ici, c’est  que vous vous posez les bonnes questions. Je vais vous donner quelques conseils généralistes qui, je l’espère, vous aideront !

1 - Suivre les conseils du tuteur et de l'ESPE

Avec de la chance, vous savez peut être déjà qui est votre tuteur – sinon, vous ferez sa connaissance au plus tard le jour de la pré-rentrée. Rien d’anormal à cela même si je sais que cela peut être déstabilisant. Un tuteur est un professeur généralement de l’établissement – attention, il arrive parfois qu’il soit sur un établissement différent. Ce n’est pas l’idéal mais ça peut aussi avoir ses avantages. Dans tous les cas, vous aurez toute une équipe autour de vous pour vous épauler, tuteur dans l’établissement ou non.

Votre tuteur sera votre référent tout au long de l’année. Il viendra vous observer et vous donnera des conseils avisés sur ce qu’il a vu pendant la séance. De votre côté, vous irez aussi le plus souvent possible l’observer dans ses cours. Dans l’idéal, il faudrait ne se focaliser que sur quelques points (la gestion de classe – le warm up – la prise de la trace écrite…) Je me rends compte en listant ces points qu’il y a en beaucoup et vous voyez que l’on peut très rapidement se noyer si on ne se focalise pas sur un petit nombre d’objectifs. Charge à vous ensuite à faire de votre mieux pour intégrer dans votre propre pratique ce qui vous a semblé pertinent.

Eh oui, car au final, vous allez entendre continuellement un double discours : celui de votre tuteur et celui de l’ESPE. Bien souvent, ils iront dans le même sens et parfois, il y aura quelques disparités. Au risque de me répéter : c’est normal, même si le manque de clarté va parfois vous dérouter. Je ne doute pas que vous saurez en tirer le meilleur et améliorer petit à petit votre pratique et les contenus pédagogiques à la lumière de tout cela.

Enfin, je pense qu’il faut que vous gardiez cette citation continuellement à l’esprit.

Ne vous comparez pas aux autres : vous êtes au début de votre longue carrière de professeur d’anglais et les collègues que vous allez voir et qui vont vous conseiller sont déjà depuis quelques années dans le métier. Ils ont des habitudes bien rodées. Il est donc normal qu’ils sachent “mieux” faire.

2 - Etre organisé

C’est primordial. J’ai pu voir à de nombreuses reprises des professeurs stagiaires se laissant envahir de feuilles volantes, de moult documents “qui peuvent servir au cas où”. Oui, tout ça est nécessaire, c’est un passage quasi obligé lors de la préparation de cours mais il faut ensuite tout poser clairement sur le papier.

Plus les choses seront claires pour vous, mieux le message passera ensuite auprès des élèves. Prenez un cahier (il en existe déjà tout faits chez votre fournisseur préféré ou sur Amazon comme celui-ci https://amzn.to/2K6h0TJ – lien affilié) et notez-y tout, même ce qui vous semble le plus évident. Il est fréquent, dans le “feu de l’action”, d’oublier ou de perdre de vue le déroulé sur lequel on avait tant travaillé.

Pour moi, ce déroulé tient souvent en 6 grands points:

  • Accueil – appel
  • Warm up
  • Réactivation du cours
  • Déroulé du cours (avec anticipation si nouveau document ou suite du document travaillé)
  • Copie de la trace écrite
  • Mémorisation de la trace écrite / jeu de fin de cours

Il n’y a que la partie “déroulé” du cours qui va être légèrement plus détaillée. Ca, c’est ce que je note dans mon cahier. Ensuite, il y a mes pages de préparation de cours à proprement parler, qui elles s’attachent davantage à la séquence et à sa progression.

Je vous renvoie d’ailleurs à l’article “Mes petites fiches de prep‘” 😉

Revenons à l’organisation ! Pendant le cours, n’hésitez pas à avoir votre feuille à la main ou posée bien en évidence sur le bureau et surtout à vous y référer. L’erreur consiste à vouloir montrer que l’on maîtrise son contenu. Or, il n’y a aucun mal à avoir son pense-bête et ce même après 20 ans d’expérience. Ce que l’on maîtrise, c’est la langue et ce qui gravite autour.

Qui dit organisation dit aussi que l’on a noté sur ses fiches ce qui :

  • doit être photocopié pour le cours
  • doit être vérifié (signatures, papiers à ramasser, punitions …)
  • doit être dit aux élèves (déplacements ou annulation de cours, tâches finales ou évaluation pour x jours après)

L’anticipation sera la clé de votre réussite ! Ca vous permettra aussi de ne pas vous épuiser. On a souvent tendance (et moi la première) à vouloir toujours travailler, améliorer. Or, le mieux est l’ennemi du bien et à trop travailler, on s’épuise moralement et physiquement. Vous avez besoin d’être en forme devant vos élèves : ménagez-vous des moments de détente pour être ensuite plus performant !

3 - Préparer ses cours

Dans la majorité des établissements, il y a un manuel de référence. Servez-vous en ! Il est là pour ça. Alors oui, vous allez entendre à droite à gauche que l’on vous conseille de vous en affranchir, de bâtir votre propre contenu. Certes, c’est sympa et gratifiant mais pas lorsque l’on débute. Le manuel va dans un premier temps vous permettre d’avoir une progression logique, des documents prêts à l’emploi. Faites votre choix et souvenez-vous que vous n’êtes pas obligé d’utiliser toutes les ressources présentes. C’est là que vous allez montrer votre discernement pédagogique et que vous pourrez justifier votre progression et ce, même si vous suivez globalement le manuel.

Certaines unités ne vont peut être pas vous parler, vous n’allez pas vous sentir à l’aise avec ce qui est proposé. Vous pourrez alors aller fureter chez d’autres éditeurs ou sur les blogs des collègues pour d’autres idées ou ici même 😉 Dans ma boutique, je propose quelques séquences mais surtout des activités et des jeux qui pourront venir en complément de ce que vous allez proposer en classe. Je vous en reparle un peu plus loin dans l’article.

4 - Instaurer une ambiance de travail

a) La gestion de classe

Je pense que c’est le plus gros défi lorsque l’on commence dans le métier. Et à nouveau, c’est normal. Il n’y a aucune recette magique qui nous permette d’affronter une classe entière. J’utilise le mot affronter car pour certains collègues, débutants ou non d’ailleurs, c’est bel et bien le cas. La gestion de classe est ce qui va vous occuper le plus en ce début d’année. Vous verrez que vous allez passer par des hauts et des bas, de grands moments de réussite et d’autres où vous allez vous demander pourquoi ça s’est passé comme ça. Des fois, il n’y a pas de raison fondamentale et ou alors des raisons qui n’ont rien à voir avec vous: la pluie, la neige, la chaleur, une évaluation l’heure précédente qui s’est mal passée, la récréation agitée …

Vous n’y pouvez rien mais vous pouvez agir pour apaiser l’ambiance. Lorsque je sens vraiment une ambiance électrique, je leur demande de croiser les bras et de baisser la tête pendant quelques minutes (une sorte de méditation). J’ai pu remarquer qu’ensuite, ils étaient plus détendus. Ca ne marche cependant pas avec toutes les classes. Il vous faudra apprendre à les connaitre et à détecter ce qui peut marcher.

Les élèves ne travaillent et n’apprennent que si l’ambiance est propice. Il faut avoir les yeux et les oreilles partout. Au début, ce n’est pas simple mais avec le temps, rassurez-vous on y arrive. 

Si vous avez un doute quant aux sanctions, parlez-en avec votre tuteur et voyez avec lui le système en vigueur dans l’établissement de façon ne pas vous mettre en porte à faux. Un invariant cependant : la gradation. Vous commencerez toujours par un avertissement oral pour ensuite allez plus haut sur l’échelle des sanctions. N’oubliez pas si vous rencontrez des difficultés avec des élèves que vous n’êtes probablement pas le seul : une stratégie collective coordonnée par le professeur principal peut souvent payer.

Dans tous les cas, faites-vous confiance et ne lâchez rien !

b) Des activités motivantes

Il est évident qu’il faut varier les activités et les modalités de travail en classe. C’est primordial si l’on veut garder des élèves motivés et heureux de venir en cours. Les phases collectives en classe sont pour moi nécessaires pour poser les choses, permettre les répétitions, fixer la prononciation et les structures mais les cours ne doivent pas être tous sur ce modèle. Vous le verrez, les élèves adorent le travail de groupe ! Par contre, c’est à ce moment-là qu’on a l’impression que les choses nous échappent, que le bruit est plus présent. C’est normal.

Justement pour le travail de groupe, j’ai une activité préliminaire qui marche très bien. Ca permet de leur faire prendre conscience des différents niveaux de voix et d’introduire les rôles dans les groupes.

Dans les autres types d’activités qui sortent un peu de l’ordinaire, il y a :

Vous le voyez, il y a de quoi faire pour varier les activités !

c) L'affichage en classe

Je vais prendre beaucoup de précautions avec ce point car bien souvent, vous n’aurez pas votre propre salle de classe et donc vous n’allez pas vraiment pouvoir personnaliser votre salle comme vous l’espériez.

Toutefois, vous pouvez toujours demander aux collègues occupant la salle de classe un petit coin dans lequel vous pourrez afficher les travaux de vos élèves ou encore accrocher vos posters. Si vous êtes à la recherche de posters, j’en ai tout plein dans la boutique et à nouveau, les posters collaboratifs peuvent vous permettre de décorer la salle facilement 😉

5 - Observer

Mon dernier conseil : l’observation. Essayez d’aller voir votre tuteur le plus vite possible et demandez-lui de venir vous voir aussi souvent qu’il le peut. Ce n’est pas facile, je le sais car on n’est pas sûr de soi, on pense faire mal mais il vaut mieux être fixé rapidement pour pouvoir rectifier la barre.

De la même façon, sachez que votre tuteur ne sera pas toujours à l’aise de vous avoir au fond de la salle de classe. Il m’est déjà arrivé d’être observée sur un cours pourtant maîtrisé et qui ne se passait pas comme je l’espérais. On a l’impression dans ces cas-là de ne pas donner le meilleur exemple à notre collègue et pourtant, c’est très formateur pour les 2 parties. L’auto-critique est selon moi la première étape qui mène à la progression. Se rendre compte de ce qui n’a pas été, du pourquoi et de ce qu’il aurait fallu faire pour que ça se passe différemment est également très précieux.

Votre tuteur est certes votre référent mais rien ne vous empêche d’aller voir d’autres collègues d’anglais pour voir des approches et des pratiques différentes. Il est aussi très intéressant d’aller voir des collègues d’autres disciplines avec les classes que l’on a en commun. Cela permet de se rendre compte d’une autre façon de gérer cette classe. Tout cela est extrêmement enrichissant !

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de passer une très belle année de stage ! N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire. 

Chez Chris Resources

This Post Has 2 Comments

  1. Sympa de donner des conseils gratuits aux collègues :). Effectivement, vous avez de bonnes idées et on sent que vous avez l’expérience des choses…quand elles se passent bien (tant mieux).
    Pour les visites et l’inspection, de nos jours, il faut miser sur une progression claire faisant la part belle aux apports (ne pas tourner en rond), à l’autonomie (aider le moins possible les élèves), au travail de groupe ou binôme (pour que chacun puisse être la ressource de l’autre). L’auto-correction fait briller les yeux des visiteurs. L’inspecteur regarde quasi-systématiquement un cahier d’élève donc il faut avoir le plaisir de “corriger” ceux-là. Même si vos élèves détestent écrire, des traces écrites construites avec énoncés plus ou moins complexes sont aussi des bons points pour vous (ne surtout pas tout miser sur l’oral, c’est une erreur bien connue qui peut vous amener de gros ennuis avec les parents qui ne ‘voient’ rien à réviser). Les notes de participation sont plutôt à proscrire parce que chaque prestation orale évaluée doit l’être avec une grille justifiée permettant aussi aux élèves de s’auto-évaluer.
    L’évaluation de la direction est plus importante pour la titularisation que celle du tuteur (je tiens ça de mon inspecteur) puisqu’il/elle a pu vous voir dans votre engagement vis-à-vis d et’établissement. Il paraît aussi que les qualités humaines sont importantes mais à côté de faire plaisir aux parents, c’est de la roupie de sansonnet.
    Dernière chose : si vous n’êtes pas soutenu/e par votre tuteur, la situation sera difficilement gérable moralement, n’hésitez pas à en discuter avec d’autres collègues pour contourner le problème. Se remettre en cause, c’est bien ; tout accepter, ça l’est aussi mais juste pour une année.

  2. Merci beaucoup pour tout ces precieux conseils ! Comment utilisez-vous les posters collaboratifs en classe ?

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